Dénoncer …. l’ambiguïté entre la peur, la honte et la culpabilité.

#nonestunephrasecompleteSuite à une semaine haute en déclarations et en émotions je me suis senti interpellé à coucher sur papier le ressenti qui m’habite et mon questionnement.

Ayant été moi-même agressé et abusée sexuellement de 6 ans à 14 ans, et même une fois à 56 ans,  lorsqu’il y a  ce genre de dénonciation de masse, cela fait remonté des émotions que je croyais entièrement guéries.

Les questions autant que de la colère remontent à la surface et je vous les partage !

Lorsque j’entends une jeune femme dire en pleine TV : « j’en reviens pas  que certaines femmes ne dénoncent pas ?»

Facile de juger lorsque l’on n’a pas subi ce genre d’abus ou d’agression. Moi qui ai subi des attouchements, de l’exhibitionnisme et un viol et qui est allé dénoncer et qui ai subi un procès et qui me suit faite dire par des membres de la justice que je devais être la coupable et que j’avais sûrement du provoquer, je peux vous assurer que lorsqu’un autre événement d‘attouchement survenu chez moi par un voisin alors que j’avais 56 ans, j’ai dénoncé, mais je n’ai pas porter plainte au point d’aller en cours, car il était hors de question de repasser à travers toute cette panoplie de jugements et d’émotions négatives.

Le plus difficile à vivre a été une fois de plus les commentaires : celui de mon compagnon de vie à l’époque qui a dit  ceci lorsque je lui ai dit que j’avais peur que le gars revienne ici, « ben voyons il ne reviendra pas après avoir faite cette niaiserie ».  Puis un autre qui m’a demandé  comment j’étais habillé, et dire que ce gars était responsable d’un groupe d’aide pour hommes … et le policier qui a pris la plainte et à qui j’ai demandé si c’était une niaiserie et qui a répondu : «  Y’en a qui dise ça Oui » oufff … j’ai été sous le choc pendant une semaine, enfermée dans ma chambre et ne voulant plus voir personne avant d’aller chercher de l’aide.

Donc c’est ainsi pour beaucoup de femmes et peut-être aussi  même d’hommes, on entend tous des histoires d’horreur de ceux qui dénoncent, par contre si on ne dénonce pas on permet aux prédateurs et aux agresseurs de faire d’autres victimes …  moi je me suis dit et si c’était ma fille qui serait la prochaine victime !!

En tant que  femmes je me suis faite demander comment j’étais habillé et les hommes se font peut-être dire voyons tu t’es pas défendu (un homme c’est fort). Peu importe, comme victime nous sommes envahies par la honte et la culpabilité !

Ces deux émotions destructives qui appartiennent à 200% aux agresseurs et pas aux victimes qu’on se le dise une fois pour toutes.

Alors dénoncé …. Et subir en plus de cette agression la honte qu’on va essayer de nous imposer en plus et cette culpabilité de n’avoir pas bien agi ouff … c’est beaucoup d’intérêt à subir pour passer à l’action de dénoncer. Par contre si on va chercher de l’aide pour passer au travers de ce processus, on finira pas éliminer les agresseurs et nos filles et nos fils pourront vivre dans un monde meilleur.

Ce qui m’a aussi fait réagir en écoutant des gens interviewés c’est un homme qui disait : « qui sait, on a peut-être nous-mêmes fait des choses par correct et on ne le sait même pas ». Sous entendant que nous allions trop loin dans nos déclarations d’abus et d’agression.

J’étais seule chez moi et je me disais … « voyons le cave » … quand on a du respect pour les autres hommes ou femmes on ne dit, ni fait de gestes déplacés ou inappropriés.

Le GPS de la résilience:

  • Si vous vous demandez si vous avez fait ou dit une chose inacceptable, posez-vous cette question : «  si on faisait ce geste envers votre enfant ou votre soeur, trouveriez cela correct? »   vous aurez la réponse.!!
  • Pour moi la définition d’un geste inapproprié, d’un abus ou d’une agression est condamnable et se résume à ceci :
  • Si un homme dit ou fait un geste qui me rende mal à l’aise dans mon intimité c’était un abus même s’il s’agit de paroles innaproriés.
  • Si en plus ce geste vient hanter mes pensées pendant des jours voir des mois et même des années, c’était un abus très grave.
  • Si ce geste ou cette parole me porte à avoir peur de cette personne ou de me retrouver seule avec lui ou elle: c’était un abus grave.
  • Si le geste m’amène à perde confiance en tous les hommes c’est que c’était une agression ou abus grave.

En fait je crois qu’on a inventé le mot inapproprié pour ajouter une catégorie qui nuance les abus ou les agressions (gestes ou paroles).

  • Moins grave (inapproprié)
  • Grave (abus)
  • Et très grave (agression)

Peu importe la catégorie …   moi je crois que la gravité est égale aux séquelles qu’elles laissent et  qu’on le porte et portera face à ce geste ou ces  paroles.

Si ce geste ou cette parole nous amène à dire qu’il y a un  « nous-mêmes  avant et après » cet événement,  on aura besoin d’aide, donc nous sommes une victime et c’est condamnable par la loi.

Ceci dit, il est possible de passer de victime à réalisateur de sa vie, et ce, même si nous vivrons à tout jamais avec les cicatrices de ces gestes ou paroles.

Tout comme un paraplégique peut vivre une vie pleine, satisfaisante et épanouie tout en étant consciente qu’il ne pourrait jamais danser une valse… mais il n’y pensera que lorsqu’il entendra jouer une valse et non tous les jours dans la rancœur, la colère ou la peine.

Tout ceci est possible en allant chercher de l’aide, en étant bien accompagné et l’élément important « LE TEMPS ».

 

UA-73306356-1